Tellura
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Chapitre 14

Chapitre 14 · 3269 mots · ~17 min de lecture

C'est à partir de cet instant que commença en moi le changement qui allait dominer la direction de ma vie. À partir de cet instant, je crus à mon inutilité, à ma superfluité. Il m'arriva parfois de sembler revenir à la vie, de croire que je vivais encore. Même quelques jours après avoir pensé à tout cela, une situation toute nouvelle me subjugua quelque temps et m'occupa l'esprit.

Mais au plus profond de mon âme, cette conviction – celle que le monde n'avait pas besoin de moi – demeura ancrée pour toujours. Aucun de mes actes ne put échapper à son emprise ; et aujourd'hui encore, après tant d'années écoulées, je me rappelle dans ses moindres détails cet instant qui brisa toute ma volonté et surtout mon courage, m'éloignant complètement de tout ce qui m'entourait. Et je vois que je ne m'étais pas trompé dans le jugement que je portais alors sur moi-même...

Je courus jusqu'à la route goudronnée et me mis à marcher en direction de Berlin. Je n'avais rien mangé depuis la veille au soir, mais dans mon estomac je ressentais plutôt une sorte de nausée que de la faim. Dans mes jambes, ce n'était pas de la fatigue, mais une tension qui se répandait dans tout mon corps. Cette fois, j'avançais lentement, plongé dans mes pensées. Plus je me rapprochais de la ville, plus mon désespoir grandissait. Je ne pouvais admettre que mes jours à venir se passeraient loin d'elle ; je trouvais cette éventuality ridicule, impossible, dénuée de sérieux... Jamais je n'aurais pu aller baisser la tête et supplier. Une telle chose était non seulement au-dessus de mes forces, mais également inutile... J'imaginais des choses qui ressemblaient aux rêves de mon enfance, mais plus folles, plus absurdes et plus sanglantes encore : la nuit, à l'heure même où elle se produisait sur la scène de l'Atlantik, l'appeler au téléphone, m'excuser de la déranger, puis, après un bref adieu, me tirer une balle dans la tête devant le micro – quel beau geste ce serait ! En entendant cette détonation terrible, elle s'arrêterait d'abord, sans comprendre ce qui se passait, puis elle crierait comme une folle : « Raif ! Raif ! » en essayant d'obtenir une réponse de moi. Tandis que j'exhalerais mon dernier souffle sur le sol, j'entendrais peut-être ces cris et je mourrais en souriant. Ne sachant d'où je téléphonais, elle se débattrait dans l'impuissance, ne pourrait prévenir la police, et le lendemain, les mains tremblantes, elle feuilleterait les journaux pour lire les détails de ce drame dont le mystère resterait inexpliqué, son cœur battant de remords et de désespoir, comprenant qu'elle ne pourrait jamais m'oublier, que je m'étais lié à son souvenir par le sang.

J'approchais de la ville. Je passai de nouveau sous les mêmes ponts et par-dessus. Le soir commençait à tomber. Je ne savais pas où j'allais. J'entrai dans un petit parc et m'assis. Mes yeux me brûlaient. Je renversai la tête en arrière et regardai le ciel. La neige gelait mes pieds. Malgré cela, je restai assis pendant des heures. Un étrange engourdissement se répandit dans mon corps. Rester là, me figer sur place, et le lendemain être enseveli quelque part en silence, sans bruit... Maria, plusieurs jours plus tard, l'apprenant par hasard, que ferait-elle ? Quelle expression prendrait son visage ? Comme elle regretterait tout ce qu'elle avait fait !

Mes pensées tournaient et retournaient autour d'elle. Je me levai et me remis en route. Il me faudrait encore marcher des heures pour atteindre le centre-ville. En chemin, je me mis à parler tout seul. Je m'adressais toujours à elle. Comme aux premiers jours de notre rencontre, mille idées belles, séduisantes, persuasives assaillaient mon esprit. Il était impossible que ces paroles n'eussent pas d'effet sur elle, qu'elles ne la fissent pas changer d'avis. Les yeux embués de larmes, la voix tremblante, je lui décrivais notre proximité, l'impossibilité pour deux êtres de se trouver dans ce monde où c'était si difficile, et combien il était impossible que nous nous séparions pour des raisons aussi insignifiantes... Moi, toujours si calme, si prêt à tout accepter, mon emportement soudain lui paraissait d'abord étrange, puis, peu à peu, elle prenait mes mains en souriant et disait : « Tu as raison ! »

Oui... Il fallait la voir et lui dire tout cela. Il fallait changer cette terrible décision que j'avais acceptée si facilement le matin même... Elle changerait. Peut-être même s'était-elle étonnée que je sois parti de chez elle sans presque protester, fâchée. Je devais la voir immédiatement, ce soir même.

J'errai jusqu'à onze heures, puis, devant l'Atlantik, je me mis à arpenter le trottoir, l'attendant. Mais elle ne vint pas. Finalement, je demandai à l'homme en livrée qui se tenait à la porte. « Je ne sais pas, elle n'est pas venue ce soir ! » me dit-il. Je supposai alors que sa maladie avait empiré. Je courus jusqu'à son immeuble. Il n'y avait pas de lumière à sa fenêtre. Sans doute dormait-elle. Pensant qu'il ne serait pas convenable de la déranger, je retournai à ma pension.

Trois jours de suite, je l'attendis de la même façon dans la rue, puis j'allai devant sa porte, je regardai ses fenêtres obscures et, sans oser rien faire, je repartais. Chaque jour, je restais dans ma chambre, essayant de lire. Je tournais les pages sans en saisir une seule lettre ; parfois, m'efforçant d'être attentif, je recommençais depuis le début, mais après quelques lignes, je voyais mon esprit vagabonder ailleurs. Le jour, j'acceptais les faits tels qu'ils étaient, je comprenais que sa décision était définitive, que je ne pouvais rien faire d'autre qu'attendre que du temps passe. Mais la nuit, mon imagination s'animait et, comme un fiévreux, me faisait concevoir les choses les plus impossibles. Finalement, contrairement à toutes mes résolutions diurnes, tard dans la soirée, je me précipitais hors de chez moi et rôdais autour de sa maison et sur les chemins qu'elle empruntait. Honteux de demander encore au portier en livrée, je me contentais d'observer de loin. Cinq jours passèrent ainsi. Chaque nuit, je la voyais en rêve, plus proche que jamais.

Le cinquième jour, comprenant qu'elle n'était pas non plus allée travailler, je téléphonai à l'Atlantik depuis un café et demandai Maria Puder. On me dit qu'elle ne venait plus depuis plusieurs jours, car elle était malade. Ainsi elle était vraiment si malade que cela. En doutais-je donc ? Pourquoi avais-je besoin d'une telle confirmation pour croire à sa maladie ? Elle n'allait tout de même pas changer ses heures de travail pour m'éviter, ni donner des consignes au portier pour me faire déguerpir !... Décidé à la réveiller même si elle dormait, je pris le chemin de sa maison. Les limites de notre relation, malgré tout, étaient assez larges pour me donner le droit d'agir ainsi. On ne pouvait attacher tant d'importance à la scène du lendemain d'une nuit d'ivresse.

Je montai les escaliers hors d'haleine et, pour ne pas hésiter et renoncer, je portai immédiatement la main à la sonnette, sonnai brièvement et attendis. Aucun mouvement à l'intérieur. Je sonnai encore plusieurs fois, longuement. Les pas que j'espérais ne se firent pas entendre. Seule la porte de l'appartement d'en face s'entrouvrit, et une servante encore ensommeillée demanda :

« Que voulez-vous ? »

« La personne qui habite ici ! »

Après m'avoir examiné attentivement, elle répondit d'un ton sec :

« Il n'y a personne là-bas ! » Mon cœur bondit :

« Ont-ils déménagé ailleurs ? »

Mon trouble et mon agitation semblèrent l'adoucir un peu ; elle secoua la tête et répondit :

« Non, sa mère n'est pas encore revenue de Prague. Elle-même est tombée malade ; comme elle n'avait personne pour s'occuper d'elle, le médecin de la caisse maladie l'a fait hospitaliser ! »

Je me précipitai vers la fille qui venait de dire cela :

« Quelle est sa maladie ? Est-ce grave ? Dans quel hôpital l'ont-ils transportée ? Quand ?... »

Sous l'assaut de mes questions, la servante, surprise, recula d'un pas et dit :

« Ne criez pas, vous allez réveiller toute la maison... On l'a transportée il y a deux jours ; ils l'ont emmenée à la Charité, je crois ! »

« Sa maladie ? »

« Je ne sais pas ! »

Sans même remercier la servante qui me regardait avec étonnement, je dévalai les escaliers quatre à quatre. Au premier policier que je croisai, je demandai où se trouvait cet hôpital qu'on appelait la Charité. Sans savoir dans quel but, je m'y rendis. Le grand bâtiment de pierre long de centaines de mètres me fit frissonner. Mais sans hésiter, je me dirigeai vers la grande porte et fis sortir le concierge de sa loge.

Le concierge, qui peut-être se montrait un peu plus courtois qu'il n'eût fallu envers un visiteur arrivant après minuit par ce froid terrible, ne put me donner aucun renseignement. Il ignorait qu'une telle femme fût arrivée, quelle était sa maladie, ni où on l'avait placée. À chacune de mes questions, bien qu'agacé, il s'efforçait de sourire et répondait : « Revenez demain à neuf heures, vous le saurez ! »

C'est cette nuit-là, tandis que j'errais autour des hauts murs de pierre en ne pensant qu'à elle jusqu'au matin, que je compris pleinement combien j'aimais Maria Puder et à quel point j'étais follement attaché à elle. Je regardais les fenêtres d'où parvenait une lumière jaune et tamisée, m'efforçant de deviner dans laquelle elle se trouvait ; je ressentais un désir irrésistible d'être auprès d'elle, de la servir, d'essuyer moi-même la sueur de son front.

Ce soir-là, je compris qu'un être humain peut s'attacher à un autre par des liens parfois plus forts que ceux qui l'attachent à la vie. Ce soir-là encore, je compris qu'après l'avoir perdue, je ne pourrais plus que rouler et traîner dans le monde comme une coquille de noix vide.

Le vent balayait la neige d'un mur à l'autre et me la jetait dans les yeux. Il n'y avait personne dans les rues. De temps à autre, une voiture blanche entrait par la porte de l'hôpital et ressortait peu après. Un agent de police, en passant près de moi une deuxième fois, me regarda fixement ; la troisième fois, il me demanda pourquoi je rôdais par là. Lorsque je lui dis que j'avais une malade à l'intérieur, il me conseilla d'aller me reposer et de revenir le lendemain ; mais les fois suivantes, il passa près de moi en silence, comme apitoyé par mon état.

Lorsque le jour commença à poindre, les rues s'animèrent peu à peu. Bientôt, les voitures blanches entrant et sortant par les multiples portes de l'hôpital se firent plus nombreuses. À neuf heures précises, bien que ce ne fût pas un jour de visite, j'obtins du médecin de garde la permission de voir la malade. Sans doute l'expression égarée de mon visage avait-elle motivé cette exception.

Maria Puder se trouvait dans une chambre individuelle. L'infirmière qui m'accompagnait me dit de ne pas rester longtemps, que la fatigue n'était pas bonne pour la malade. Elle avait une pneumonie. Mais le médecin ne la jugeait pas très dangereuse. Dès que Maria tourna la tête et me vit, elle sourit. Mais son visage changea soudain et prit une expression inquiète. Dès que l'infirmière fut sortie, nous laissant seuls, elle demanda :

« Qu'est-il arrivé, Raif ? »

Sa voix n'avait pas changé. Seule la pâleur de son visage avait pris une teinte jaunâtre. M'approchant d'elle, je dis :

« Qu'est-ce qui t'est arrivé, à toi ? Tu vois ? »

« Ce n'est rien... Cela passera, sans doute... Mais toi, tu as l'air complètement épuisé ! »

« J'ai appris que tu étais malade cette nuit à l'Atlantik. Je suis allé chez toi, la servante de l'appartement d'en face m'a dit qu'on t'avait amenée ici. Ils ne m'ont pas laissé entrer cette nuit, alors j'ai attendu le matin ! »

« Où cela ? »

« Ici... Autour de l'hôpital ! »

Elle promena son regard sur moi. Elle était très sérieuse. Elle fit un mouvement comme pour dire quelque chose, puis y renonça.

L'infirmière entrouvrit la porte. Je fis mes adieux à la malade. Elle hocha la tête, mais ne sourit pas.

Maria Puder resta vingt-cinq jours à l'hôpital. On l'aurait peut-être gardée plus longtemps, mais elle dit aux médecins qu'elle s'ennuyait ici et qu'elle prendrait bien soin d'elle chez elle. Avec de longues recommandations et des liasses d'ordonnances, par un jour de neige, elle sortit de l'hôpital et rentra chez elle. Je me souviens à peine de ce que j'ai fait durant ces vingt-cinq jours. Sans doute n'ai-je rien fait, en dehors des moments où j'allais la voir, debout à son chevet, observant son visage en sueur, ses yeux qui parfois se dérobaient, sa poitrine qui respirait avec peine. Je n'ai même pas vécu, car si j'avais vécu, je garderais au moins un petit souvenir de ces jours. Seulement, lorsque j'étais près d'elle, une peur terrible s'emparait de moi : la peur de la perdre. Ses doigts dépassant du bord du lit, ses pieds soulevant le bout de la couverture, avaient déjà pris un air de mort. Même son visage, ses lèvres et son sourire semblaient n'attendre qu'un instant, qu'une occasion, pour subir cette terrible métamorphose... Que ferais-je alors ? Oui, conservant mon calme, je m'occuperais des derniers préparatifs, je choisirais l'emplacement de sa tombe, je consolerais sa mère, qui serait entre-temps revenue de Prague, et finalement, je la déposerais dans une fosse, avec quelques personnes. Je partirais de là avec tout le monde, puis, quelque temps après, je reviendrais secrètement devant sa tombe et je resterais seul avec elle. Et c'est à cet instant que tout commencerait. C'est à partir de cet instant que je l'aurais vraiment perdue. Que ferais-je alors ? Jusque-là, j'imaginais tout dans les moindres détails, mais au-delà, je ne pouvais rien concevoir. Oui, après l'avoir mise sous terre, après que ceux qui étaient autour de sa tombe se seraient dispersés et que je serais resté seul avec elle, que pourrais-je faire ?... Puisque tout ce qui la concernait serait alors achevé, rien ne serait plus ridicule ni plus dépourvu de sens que ma présence sur cette terre... Mon âme tout entière n'était qu'un vide terrible. Après qu'elle eut commencé à aller mieux, un jour elle me dit :

« Parle aux médecins, qu'ils me laissent sortir. » Puis, comme s'il s'agissait d'une chose banale, elle murmura :

« Tu prendras mieux soin de moi. »

Sans répondre, je sortis en courant. Le spécialiste voulait qu'elle reste encore quelques jours. Nous acceptâmes. Enfin, le vingt-cinquième jour, je l'enveloppai dans sa fourrure et, la soutenant par le bras, je la fis descendre l'escalier. Je la ramenai chez elle en taxi ; en montant, le chauffeur l'aida aussi en la soutenant par un bras ; malgré cela, lorsque je l'eus déshabillée et mise au lit, elle était épuisée.

À partir de ce moment, ce fut vraiment moi seul qui pris soin d'elle. Une vieille femme venait jusqu'à midi nettoyer la maison, allumer le grand poêle de faïence et cuisiner un potage pour la malade. Malgré toutes mes insistances, Maria refusa que l'on fît venir sa mère. D'une main tremblante, elle écrivait des lettres : « Je vais bien, ne t'inquiète pas et passe l'hiver là-bas ! » Elle disait : « Si elle vient, elle ne pourra pas m'aider, car elle-même a besoin d'aide... Elle se fera du souci pour rien, et m'inquiétera aussi ! » Puis, de nouveau avec cet air indifférent, elle murmurait :

« Après tout, c'est toi qui prends soin de moi, non ? Ou bien es-tu fatigué, en as-tu assez ? »

Mais en disant cela, elle ne souriait pas, ne plaisantait pas. D'ailleurs, depuis sa maladie, elle n'avait quasiment jamais ri. Seul le premier jour où je l'avais vue à l'hôpital, elle m'avait accueilli par un sourire ; ensuite, elle avait conservé un sérieux obstiné. Lorsqu'elle demandait quelque chose, qu'elle remerciait, ou qu'elle parlait de quoi que ce soit, elle était toujours sérieuse et pensive. Je veillais à son chevet tard dans la nuit, et arrivais tôt le matin. Par la suite, j'apportai un divan assez grand de l'autre pièce ainsi que les couvertures de lit de sa mère, et je commençai à dormir dans la même chambre qu'elle. L'incident survenu entre nous le matin du jour de l'An – ou plutôt, on ne pouvait guère appeler cela un incident – cette petite conversation, n'avait pas été évoqué, pas même par un mot. Tout – mes visites à l'hôpital, le fait que je l'aie ramenée chez elle, notre vie ici – était considéré comme si naturel qu'il n'était pas nécessaire d'en parler. Tous deux évitions la moindre allusion à ces questions. Mais il était certain qu'elle pensait à quelque chose. Tandis que je m'activais dans la chambre à diverses occupations, ou que je lui lisais à haute voix, je sentais ses yeux constamment fixés sur moi, sans se lasser. Elle semblait chercher quelque chose en moi. Un jour, en fin d'après-midi, sous la lumière de la lampe de table, je lui lisais une longue histoire de Jacob Wassermann, intitulée « La bouche jamais embrassée ». Il y était question d'un instituteur qui, n'ayant jamais été aimé par personne dans sa vie, avait vieilli en attendant un amour, une affection humaine, sans même se l'avouer à lui-même. La solitude morale de ce pauvre homme, ses espoirs qui naissaient uniquement en lui et mouraient promptement sans avoir été devinés par personne, étaient décrits d'une plume magistrale. Lorsque l'histoire fut terminée, Maria garda longtemps le silence, les yeux fermés. Puis elle se tourna vers moi et, d'une voix détachée, dit :

« Tu ne m'as pas raconté ce que tu as fait les jours où nous ne nous sommes pas vus après le jour de l'An. »

« Je n'ai rien fait du tout », répondis-je.

« Vraiment ? »

« Je ne sais pas... »

Un nouveau silence s'installa. Pour la première fois, elle abordait ce sujet. Mais je n'étais pas surpris. Je remarquai même que j'attendais cette question depuis longtemps. Au lieu de répondre, je lui donnai à manger. Puis je la bordai soigneusement, me rassis à son chevet, et lui demandai :

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